Tactiques et stratégies anti mensonges

Bonjour à toutes et à tous, vous êtes nombreux à lire mes articles.

Vous l’avez sans doute constaté il n’est pas si évident que cela de détecter un mensonge, il faut de l’entraînement et beaucoup d’observation. Heureusement ce ne sont pas les occasions qui manquent dans la vie de tous les jours.

Par exemple, les principaux mots clés qui reviennent dans les statistiques sont les relations amoureuses et les relations professionnelles qui sont des affaires sérieuses et où il est très facile de se retrouver complètement enlisé et de perdre toute lucidité. Nous voici  aujourd’hui pour ce huitième chapitre qui va ajouter un coté stratégique et tactique à ce fameux domaine de la détection des mensonges.

Vous vous êtes bien entraîné à l’observation, vous avez cherché à détecter les réactions limbiques chez vos interlocuteurs dans diverses conversations, vous avez observé deux ou plusieurs personnes discuter entre elles. Félicitation vous êtes sur la bonne voie. Cependant, imaginons que vous êtes ou allez rapidement vous retrouver dans une situation où il va falloir que vous détectiez la part de vrai ou de faux (ou comme je préfère le dire que vous établissiez votre liste mentale dans laquelle vous mettrez tous les réactions observées dans la colonne mensonges.

Car , je le souligne encore maintenant, ce n’est pas au premier indice que vous aurez trouvé qu’il faudra inculper directement votre interlocuteur ! La patience est une arme redoutable, croyez moi !).
Donc pour revenir au sujet de cet article, vous allez quitter le mode d’observation passif et  allez donc devoir passer à l’offensive, prendre l’initiative et donc, devoir questionner votre interlocuteur. Pas si simple n’est ce pas ?
Alors, que fait on ? Je dirais plutôt COMMENT fait on ?
Trois stratégies s’ offrent à vous (que l’on peut aisément  nuancer):
1) Vous pouvez investir dans le tout dernier modèle de lance-roquettes et rentrer dans le tas, lancer une attaque frontale en posant la question du sujet qui fâche directement.

Cette façon de procéder possède des avantages mais aussi pas mal d’inconvénients. Imaginons deux petits scénarios, vous pensez que votre jeune fils s’est mis à fumer, aucune odeur de cigarette sur lui lorsqu’il rentre de l’école mais pourtant quelque chose vous dit qu ‘il fume. Ou scénario 2, vous soupçonnez votre conjoint d’avoir une aventure… Vous attendez son retour et le soir vous lui posez directement la question: Est-ce que tu me trompes ? Mon cher bambin…Est-ce que tu t’es mis à fumer ?
Si vous avez décidé d’agir directement comme cela alors essayez de surprendre votre interlocuteur en lui posant cette question dans le flot d’une conversation routinière. « Tu veux manger quoi ce soir ? » puis « Au fait… est-ce que tu fumes ? »
Si vous avez lu tous mes autres textes vous aurez compris pourquoi il est important que vous surpreniez votre interlocuteur: pour provoquer chez lui une réaction limbique.

Rappel chronologique d’une réaction type ou regardons l’action au ralenti…:
SURPRISE—->Réaction spatiale—->réactions au niveau des comportements, gestes, paroles, regards…
Nous l’avons vu la réaction spatiale est soit le recul, l’agressivité ou la statue, viennent ensuite tous les éléments que nous avons traité dans « mensonges et comportements (1 & 2) », et « mensonges logique et bon sens« . Je ne vais pas en parler de nouveau ici mais le point important, et donc,  l’avantage de cette technique brutale est de vous donner le maximum d’effet de surprise pour faire naître chez votre interlocuteur des réactions spontanées. Cependant ,deux cas sont possibles:

1)  Votre interlocuteur est complètement innocent et là bonjour l’ambiance, vous l’avez compris voici le principal inconvénient et non des moindres. Il vaut mieux que vos suspicions soient très fortes pour utiliser cette méthode.

 
2) Votre interlocuteur est effectivement « coupable  » et vous aurez droit à un festival de réactions, mais, autre inconvénient, profitez en bien parce que la prochaine fois ça sera plus difficile vu l’état défensif dans lequel vous allez le mettre. Ceci dit, un état défensif est aussi un indice de mensonge. Comme je l’ai dit dans le dernier article, une personne innocente et accusée à tort ne va pas se mettre sur la défensive mais va tout faire pour vous convaincre de son innocence avec tout les comportements que cela implique, vous regarder droit dans les yeux, des gestes amples et une bonne argumentation. Encore une fois mettez vous à la place de la personne accusée à tort, qu’allez vous faire ? vous mettre sur la défensive ? Non ! Vous allez essayer de régler cette histoire de suite. Une personne qui est sur la défensive , exemple « je te préviens, si tu me parles encore de ça…  » ou renverse la situation « et toi ? qu’est-ce qui me dit que tu ne me trompes pas ?? »  est une forme de changement de sujet et non pas un argumentaire visant à rétablir la vérité.

 
Bon, 3ème cas : (je sais j’ai parlé de deux cas) Vous avez balancé votre roquette un peu sous le coup de la colère et en plus votre interlocuteur s’y attendait et a  préparé sa réponse. Damned ! Vous auriez aimé procéder autrement… Eh bien, en fait ce n’est pas si grave car il n’y a rien de vraiment différent, en posant votre question vous observerez une réaction limbique puis certainement une réponse à profondeur variable comme dans le paragraphe de l’article précédent (« c’était comment ta soirée? ») (que vous pouvez relire vous vous remettre les idées en tête ici…). Sans compter les gestes et comportements d’une personne qui vous parle tout en mentant.

Petite technique stratégique No 1  pour tirer partie de cette situation: On suppose donc que la personne est « coupable », donc, laissez parler votre interlocuteur puis lorsqu’il a terminé, ne dites rien, laissez un grand silence planer et observez ses réactions ou écoutez éventuellement ses nouvelles paroles (mais regardez le tout ce temps pour garder une certaine pression).

Le silence est une des pires choses pour le menteur et c’est à ce moment là que vont survenir de nouvelles réactions. Puis lorsqu’il vous regarde à nouveau, lancez (rangez votre lance-roquettes s’il vous plaît) : Ah oui ? ou: vraiment ? Puis à nouveau le silence en continuant de scruter votre interlocuteur car c’est encore à ce moment là qu’il se passe le plus de chose au niveau réactions physiques. La technique du silence est vraiment très efficace et vous permet  de d’obtenir de plus amples renseignements ou réactions de la part de votre interlocuteur. Cela n’enlève en rien les deux inconvénients de cette méthode bien sur. Personnellement je préfère utiliser la 3ème stratégie avant de confronter éventuellement  la personne avec la stratégie No 2, mais si vous voulez tout de même une technique d’attaque directe d’une efficacité si redoutable que vous ferez perler des gouttes de sueur sur le front de votre interlocuteur ou le ferez abandonner sur le champ toutes idées de vouloir vous mentir alors optez plutôt pour…

La GPR (Grenade Psychologique à Retardement ).

Vous voudriez connaître la vérité à propos d’une situation importante et vous voudriez enfermer votre interlocuteur dans une pièce , l’attacher à une chaise et lui pointer sur le visage un gros spot lumineux en guise d’unique éclairage. Seulement voilà cela ne se fait pas…non , sans blagues, c’est vrai. Cependant, vous pouvez créer une situation qui pourra mettre votre interlocuteur dans un état psychologique similaire…en 3 temps. Prenons l’exemple du conjoint ou de la conjointe qui a une aventure et vous voulez le découvrir. Je ne rentre pas dans les détails maintenant vous allez comprendre au fur et à mesure ce qui va se passer.

1) Posez le décor
Invitez votre conjoint(e) (que je nommerai votre interlocuteur pour simplifier) au restaurant, un restaurant où il y a du monde et trouvez même une place d’où il sera difficile de partir, dans un coin ou entouré par d’autres personnes (dans les petits restaurants). Vous l’avez compris en faisant cela vous créez la situation psychologique de l’attachement à une chaise à part que votre interlocuteur ne s’en aperçoit pas…
2) Mettez votre interlocuteur dans une situation confortable, pour cela faîtes ce que vous faites d’habitude, et non pas le contraire, laisser le repas démarrer tranquillement. Vous pouvez employer des techniques utilisées en coaching pour mettre à l’aise votre interlocuteur. Exemple tout simple, mettez vous à l’aise vous même ! Cela influera sans qu’il s’en aperçoive votre interlocuteur qui lui aussi se sentira à l’aise, ne vous mettez pas en position défensive comme être en arrière sur la chaise, avoir les bras croisés, avancez vous , occupez  l’espace sur la table, ne mettez pas si possible d’objets entre vous, vous établirez ainsi une atmosphère ouverte. Essayez de temps en temps de prendre un peu les mêmes postures ou positions que votre interlocuteur, si par exemple il repose sa tête entre ses mains, faîtes de même, juste de temps en temps (ne faîtes pas comme dans le film  Le coach), pas de copié collé sans arrêt ! C’est une petite astuce pour mettre votre interlocuteur dans une ambiance encore plus décontractée en lui transmettant toujours sans qu’il s’en aperçoive un message du type je suis bien avec toi. Avez vous déjà remarqué lorsque vous vous sentez bien en compagnie de quelqu’un vous vous mettiez souvent dans la même position que lui/elle ?
3) Ouvrez le feu ! Dès que vous vous sentez d’attaque il est temps de passer à l’action… Puisque vous avez de fortes présomptions vous n’allez pas passer par quatre chemins et vous allez poser le sujet de conversation sur la table de la manière suivante: « Bon, maintenant on va parler de quelque chose de sérieux…Alors écoute bien, je sais que tu vas essayer de me mentir, mais je sais ! Je sais tout…. »(ça c’est quand vous ne savez pas trop de quoi il en retourne) ou « Je sais que tu me trompes »…puis laissez planer un grand silence (vous vous en doutez c’est ici qu ‘il faut observer toutes les réactions, toutes les réponses, les changements de sujets, tout ce que nous avons vu dans les précédents articles).
Si votre interlocuteur vous a effectivement trompé il doit être à ce moment précis dans un grand moment de solitude , interlocuteur qui, d’une part se retrouve coincé à une table de restaurant, et qui subit maintenant une forte pression du fait que vous venez de lui dire que non seulement ce n’est même pas la peine d’essayer de mentir mais qu’en plus vous savez ! (ça c’est la lampe pointée sur le visage). Fixez le et entretenez le silence, soit il va passer aux aveux sou peu, soit il va s’obstiner,  mais comme il ne va pas quitter la table subitement il va  se sentir tellement mal à l’aise et stressé que vous allez observer un bon panel de réactions…
D’où l’importance d’avoir posé le sujet sur la table de cette manière et non pas du style: « je crois (mas je suis pas sur) que tu me trompes, ne me ment pas s’il te plaît ». Cette technique (ce 3ème temps, pas le s’il te plaît dont je viens de parler) est utilisée par exemple lors d’ interrogatoires, l’enquêteur ne sait pas si la personne qu’elle interroge est coupable mais va faire comme si et dire à la personne : » on sait que c’est toi qui l’a fait, ce n’est pas la peine de nous mentir..silence….puis… on a un témoin….etc etc.. ».
Si la personne est effectivement coupable alors elle abandonnera toute résistance sous cette pression. Pire encore dans le style manœuvre psychologique offensive (tirée du livre de D.Lieberman cette fois) si votre interlocuteur montre de la résistance (mais vous aurez repéré tous les signes l’accusant) lâchez après votre silence : « bon c’est pas si grave, tu sais ce que je ressens pour toi et je peux faire avec… » qui va faire une grosse brèche dans le mur… Après tout, se dit l’interlocuteur, si elle considère que ce n’est pas grave je vais me débarrasser de cette horrible pression qui pèse sur moi……Voilà pour cette deuxième stratégie anti-mensonges, mais, si l’attaque directe n’est pas votre tasse de thé alors….
3) Devenez un ninja ! Passez maître dans l’art de la furtivité et du recueil de renseignements (et non pas dans l’assassinat bien sur…).
Détecter les mensonges vous permet de déduire que la personne avec laquelle vous parlez est en train de vous mentir, on peut appeler cela du recueil de renseignements, mais vous voudriez en savoir plus, vous aimeriez poser la question fatale à votre interlocuteur mais sans qu’il s’en aperçoive ! Faîtes des allusions ! La personne qui est la plus forte dans ce domaine ce n’est pas D.Lieberman ou Joe Navarro ou bien même Paul Ekman, non, c’est ma mère ! Combien de fois m’a t’elle coincé avec cette technique lorsque j’étais gamin et pour savoir si j’avais fait des bêtises…
Par exemple, pour reprendre les deux scénarios précédents , prenons celui de l’enfant qui s’est mis à fumer pour changer. Mettez le d’abord dans une situation détendue, et au détour d’une conversation, dites lui: « Tu sais y’a le fils de madame X qui s’est mis à fumer… », ajoutez un certain silence et observez les réactions comme vous savez le faire maintenant….
Vous pouvez également généraliser cette information comme: « Tu te rends compte, j’ai vu un sondage l’autre jour, il y a de plus en plus de jeunes de ton âge qui fument… ». Si votre fils ou fille n’en a rien à faire de la cigarette alors il/elle partagera volontiers votre conversation à ce sujet et sera même peut être fier(e) de ne pas faire partie de la catégorie des fumeurs…
Alors que si ce n’est pas le cas alors vous observerez les mêmes réactions que vous connaissez bien  accompagnées bien souvent de réponses du type: « Pourquoi est-ce que tu me demandes ça? « . Il est facile d’adapter cette stratégie à tous les cas. Comme vous êtes devenus maintenant une personne capable de bien mentir, euh pardon capable de détecter les mensonges, vous pouvez donner du poids à votre bluff/question en construisant une  phrase à profondeur variable comme le paragraphe de l’article précédent (« Alors c’était comment ta soirée ? »): « Tu sais , y’a le fils de madame X qui s’est mis à fumer. Je te dis pas dans quel état elle était quand elle l’a su et je te parle même pas de son père qui est devenu fou de rage ! » vous pouvez broder en regardant les réactions de votre fils et entretenir la pression avec « Il était tellement en colère qu’il a voulu le mettre à la porte. Si jamais j’apprenais que mon fils fumait je crois qu’il y aurait droit aussi…. ». Bref (bon j’ai un peu exagéré avec la porte) ,vous avez compris cette stratégie….Pour conclure cette article, vous avez donc vu de plus près 3 stratégies, l’attaque frontale et directe, l’attaque à retardement et l’attaque furtive. Il faut les adapter aux situations, vous pouvez jouer au ninja pendant un certain temps afin de récupérer un maximum d’éléments de mensonges et ensuite confronter la personne directement. Réfléchissez bien au pouvoir du silence, bien placé après une de vos questions.Pensez bien eux conséquences éventuelles d’une confrontation directe, voulez vous essayer de connaître la vérité ou fermer les yeux est un autre sujet de discussion.En attendant entrainez vous bien !

29 thoughts on “Tactiques et stratégies anti mensonges

  1. Je vais être très bref en ce qui concerne les faux positifs puisque la personne semble s’en être allé. Induction : recherche d’éléments pour confirmer une hypothèses. Il ne faut jamais procéder par induction. Peur, gêne, culpabilité, défensive, stress, simulation (mensonge), contrôle (non-dit – mensonge) se concrétisent de manières différentes. Le polygraphe (détecteur de mensonge classique) est aussi le cas le plus classique de faux-positifs (au malheur des condamnés à tort). Il convient le plus souvent d’établir une bonne relation avec l’interlocuteur, bien que l’ambiance conditionné des salles d’interrogatoire puisse multiplier par 10 l’ampleur des items. Le mieux est de ne pas chercher à contrôler les faux positifs et de toujours rester naturel ; il est par ailleurs regrettable de tomber sur quelqu’un ayant « reçu » une formation en détection du mensonge vulgaire, mais à part les quelques vulgarisations très répandues, ceci, les formations, ces méthodes, n’est pas très répandu en France. Tout le reste a été dit par Mr Kaizen. Slt :).

  2. Bonjour Hélène,
    Le « ah oui vraiment » est destiné à laisser planer un silence qui est gênant pour le menteur (vous l’aviez compris) et sert donc à déceler d’autres réactions limbiques. Donc la réponse est moins importante, la personne pourrait développer sur le sujet mais ca n’est pas sur. Si vous n’avez pas décelé de réactions particulières, continuez votre investigation. Est-ce que tout ce qu’elle a débité comporte des réponses détaillées avec sentiments et état d’esprit d’autres personnes ? Pensez aux questions que vous allez poser également, vous avez des questions dites ouvertes et des questions dites fermées, c’est à dire dont la réponse ne peut être que oui ou non. Poser des questions ouvertes force la personne à inventer sur le champ une réponse qui peut contenir beaucoup d’indications (gestuelles ou verbales).
    Bonne journée
    Cordialement
    Philippe

  3. bonsoir
    Je voulais vous posez une question… et si la personne à qui vous parlez après avoir débité ce qu’elle avait à dire vous lui répondais Ah oui ? Ou: vraiment ? Et qu’il vous dise oui vraiment en insistant cela prouve qu’il ment ou pas ??

  4. Note : un enfant correspondra plus au deuxième type tandis qu’un adulte au premier (cela dépend…), si votre enfant a tendance à vous mentir en vous regardant droit dans les yeux, une légère inquiétude ou attention envers lui n’est pas de trop. A+

  5. Commençons par éclaircir les mouvements oculaires, en faite les deux peuvent être juste, un menteur consciencieux aura en effet plutôt tendance à vous regarder droit dans les yeux (ce qui apparemment donne d’ailleurs une expression d’honnêteté au receveur), j’en ai déjà parlé, quant à ce qui est de l’interlocuteur regardant à droite, cela est signe que son esprit se tourne vers le futur, il s’agit donc d’une interprétation logique, si votre enfant vous raconte sa journée donc fait référence au passé (donc est censé chercher dans sa mémoire, dans ce qui a existé) mais qu’il regarde essentiellement vers la droite vous pouvez en effet fortement soupçonner un non-dit (terme le plus large du mensonge) de sa part. Une personne ressentant de la gêne ou de la culpabilité aura aussi tendance à détourner les yeux, les yeux sont « fuyants » et « vagabonds », cependant ceci n’est pas forcément signe d’un mensonge.
    Je n’ai pas le temps de continuer, je traiterai donc des « faux positif », c’est bien le terme correct et exact, du stress et du mensonge dans un prochain message. Salut

  6. Bonjour,

    Merci pour cette réponse très précise ! J’avais perdu de vue un des principes fondamentaux :

    Toujours se focaliser sur les faits, et s’aiguiller via les interprétations, et non l’inverse !

    Encore un grand merci à vous et au plaisir de continuer à vous lire !

  7. Bonjour Greg,
    Pour travailler sa maitrise de soi, les techniques d’entrainements mentales que j’expose très brièvement dans l’article du même nom permettent de le faire aisément.
    Reconnaitre un faux positif est assez difficile et se tromper peut comme vous le dites être catastrophique. Joe Navarro dans ses livres en parle et donne des exemples d’erreurs judiciaires catastrophiques. Certaine force de l’ordre ont une formation très basique de la gestuelle et peuvent interpréter trop rapidement certain gestes et arrêter des personnes qui finalement n’avaient pas l’intention de faire quelque chose de mal. L’interprétation du non verbal n’a absolument pas valeur probante dans une enquête judiciaire, même aux usa d’ailleurs. Dans une enquête le non-verbal doit seulement servir à donner plus d’informations, à aiguiller l’enquête dans une direction ou une autre. Lorsque vous questionnez un suspect, vous lui posez des questions bien précises, et observez des réactions, vous pouvez lui présenter des photos de personnes que vous soupçonnez être des complices, des lieux (par rapport à un cambriolage par exemple) et notez ses réactions. Ainsi vous pouvez silencieusement orienter avec ces informations l’enquête dans une direction bien précise. Mais cela ne doit pas aller plus loin, vous ne pouvez pas dire vous avez eu telle réaction donc, en prison. La façon dont vous présentez les questions permettent de faire réagir le cerveau limbique et vous pouvez dégager de cela une information fiable, que la personne soit stressée ou non. J’ai personnellement deux façons de faire, mettre directement la pression à la personne et accentuer cette pression avec si possible au final les aveux (comme pour l’exemple du restaurant)en notant les différences comportementales entre le début et la fin de « l’entrevue ». Ou si je trouve la personne très stressée alors que rien n’est commencé, faire exactement l’inverse, faire tout pour que la personne soit le plus à l’aise possible, quitte à prendre le temps qu’il faut. La préparation du terrain, en fait. Mais au final obtenir des renseignements qui permettraient d’orienter l’enquête si aucune preuve n’a été établie.
    Bonne journée à vous,
    Cordialement
    Philippe

  8. Bonjour,

    Merci d’avoir tout de même pris le temps de me répondre !

    Non, je ne cherche pas à me maîtriser quand je suis en situation de laboratoire, c’est quelque chose de tellement complexe en moi je crios qu’il faut que je travaille les choses plus en profondeur.

    Par contre, je sais que d’autres personnes sont comme moi et c’est de ça que je parle : comment faire la différence entre une personne qui est naturellement stressée dès qu’elle est accusée d’un tort, qu’elle l’aie commis ou pas, et une personne qui n’est en situation de stress et sur la défensive que lorsqu’elle a quelque chose à se reprocher ? Se tromper dans des situations comme celles-là peut avoir des conséquences catastrophiques !

    En vous remerciant !

  9. Bonjour Greg,

    Je n’ai que très peu de temps pour vous répondre, j’aborde la notion de relation avec la personne dans l’article sur les yeux (acte 2)
    Quand vous dites comment gérer ces faux positifs vous voulez savoir comment détecter des faux positifs ou vous recherchez un moyen de maitriser ce manque de confiance quand vous êtes en situation d’interrogatoire ?
    Bonne journée à vous
    Cordialement
    Philippe

  10. Hello !

    Tout d’abord, merci pour tes articles ! C’est un plaisir !

    Je me permets d’écrire parce qu’il y a deux choses qui entrent en dissonance avec ma perception des choses et mon vécu, et j’aurai besoin d’un peu d’éclaircissement face à ça.

    En premier lieu, les yeux : j’ai cru lire un peu partout que contrairement à ce que l’on croit, le menteur essaye de garder le contact visuel avec les gens, notamment pour vérifier que ceux-ci gobent bien le mensonge. Pourtant, je lis aussi partout que les menteurs détournent leur regard, comme tu l’as toi aussi décrit dans d’autres articles.

    Quid, finalement ?

    Ma deuxième question est un peu plus personnelle :

    Je vais me prendre comme exemple : lorsque je suis mis en situation d’interrogatoire, je suis par essence très stressé. Quand on m’accuse de quelque chose, je manque de confiance en moi et je me mets directement sur la défensive. Un peu comme si j’avais peur (ou pas envie) de rentrer dans un dialogue de sourds où on va essayer de me faire dire ce que je n’ai pas dit, et où les conséquences, si je n’arrive pas à convaincre, sont désastreuses. (pression)

    C’est particulièrement flagrant dans les phases de silence (j’ai un père menteur pathologique et pas mauvais détecteur de mensonges et il utilise souvent cette technique) qui, par essence, ne sont pas naturelles dans une conversation, et ont souvent le don de mettre la pression.

    Même dans des situations burlesques (où, par exemple, je suis accusé d’avoir fait quelque chose que je ne suis pas physiquement capable de faire !) je me sens clairement sur la défensive, surtout face à toutes ces techniques intimidantes !

    Je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas. J’ai l’impression que ça a à voir aussi avec la confiance en soi et la crainte de l’autre en général. (d’où, je me dis qu’une personne qui a une grande confiance en elle et peu de crainte de l’autre devrait avoir des réactions inverses)

    Comment gérer ce que je crois être des « faux positifs » comme ceux-ci ?

  11. Bonjour Laurent,

    Merci pour votre commentaire, je vous souhaite une bonne lecture.
    Cordialement,
    Philippe

  12. bonjour monsieur,
    juste pour vous féliciter de vos analyses. C’est passionnant. à une prochaine
    laurent

  13. Bonjour Allan,
    Pas de soucis 🙂 . J’ai des fois la fâcheuse tendance à faire des phrases plutôt longues, je vois où est-ce que vous avez du louper un morceau. J’ai prévu de relire entièrement tous les articles pour corriger ces défauts.
    Bonne lecture à vous et bonne journée.
    Cordialement.

  14. Salut !
    Désolé je viens de relire les articles en question et je vois mon erreur.Voila ce qui arrive quand on lit un texte aussi long a minuit.
    Sinon, je trouve ces articles tous très intéressants,tout est bien expliqué et avec de l’humour.Bravo !

  15. Bonjour Allan,
    Vous pourriez être plus précis ?
    Le seul endroit dans cet article où je parle d’un regard droit dans les yeux c’est lorsque la personne est innocente.
    Merci à vous
    Cordialement

  16. Salut !
    Je trouve tout tes articles bien structuré, mais il y a des divergences.Par exemple dans l’article Nº 3( je crois), tu dit qu’une personne qui nous ment auras honte et ne regardera pas dans les yeux, et dans cet article tu dit qu’une personne qui nous ment nous regardera droit dans les yeux.Et la je dis: Faut savoir !

  17. Bonjour Arnaud,

    Merci pour vos commentaires et de votre lien sur ce mini programme, il reprend exactement les mêmes types d’animations que le logiciel d’Ekman.
    Bonne lecture et bon weekend à vous.
    Philippe

  18. Bonjour votre article est très bien j’aime beaucoup ses techniques continuez comme ça.
    P.S : je crois qu’il y a une faute dans la phrase « Je sais que te me trompes »

  19. Bonjour, merci pour le commentaire, oui il est possible d’apprendre seul, il faut du temps bien sur mais en s’ entrainant et en le lâchant pas le morceau on y arrive. Tout dépend du temps que vous vous donnez par jour pour vous entrainer. J’utilise une technique qui permet d’avoir une bonne vision du temps: si par exemple vous travaillez dessus 15min par jour et 4 jours par semaine cela vous fait environ 50h d’entrainement par an. Par contre si au lieu de passer 15min vous y passez 1h alors cela vous fait environ 200h par an. Avec ce rythme vous pouvez en 1 an avoir 4 ans d’expérience du rythme des 15min/j. J’appelle cet effet la distorsion du temps quand j’ai quelque chose de complexe à apprendre. On peut le tourner dans l’autre sens, en 3 mois vous aurez appris autant que la personne qui fait 15min/j ferait en 1 an. J’ appelle cela la compression du temps 😉 . Bref, le tout c’est que vous vous entrainiez régulièrement, vous vous ferez ainsi votre propre expérience et plus important encore vos propres idées sur la question.

  20. Vos articles sont bien fait. Mais, est il possible d’apprendre seul? De faire nos propre expériences et devenir efficace. D’ailleurs, le Mr Paul Ekman aussi a dû apprendre seul…
    Merci.

  21. Merci beaucoup pour l’ensemble de vos commentaires, je vous souhaite un bon entrainement 🙂

  22. INCROYABLE VOS ARTICLES! je suis une petite nouvelle dans le monde de ceux qui veulent détecter le mensonge! en effet plein de gens trouvent que c’est prise de tête ou comme dit ma soeur que chacun doit avoir son jardin secret hors moi j’ai toujours aimé la vérité et j’essaie moi-même d’être le plus honnête possible ! Et surtout merci de publier tous ces articles, en regardant la série « LIE TO ME » sur m6 ce soir, j’ai decidé de m’y mettre et vos techniques je vais les mettre en pratique !!

  23. Bonjour et merci pour ce commentaire, si vous trouvez les articles bien écrits alors merci pour le compliment, des fois j’ai plutôt l’impression de ne pas être assez clair ! Pour Lie to me effectivement ca aide c’est clair. Lorsque j’ai décidé d’écrire je ne savais pas que la série allait être diffusée en france bien que je la connaisse depuis ses débuts aux US. Apparemment ils ont décidé de passer aussi le début de la saison deux, tant mieux car il y a en fait seulement 13 épisodes pour la saison 1, et ils en sont au 11ème épisode de la saison 2 qui va reprendre le 7 juin aux usa si ma mémoire est bonne. Vous le saviez peut être déjà ? Je trouve la série bien faite, Tim Roth très bon dans ce rôle puis les enquêtes sont plutôt bien déroulées. Par contre, je trouve qu’on y apprend pas beaucoup de choses, tout étant axé sur les micro expressions du visage (dont les recherches de Paul Ekman ont été très poussées) avec de temps en temps de la gestuelle et de la logique. Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin puisque je continue à écrire des articles, environ un par semaine. Mes proches me poussent à écrire un livre , challenge que je suis en train de relever (une sorte de petit guide) mais j’en parlerai plus amplement plus tard 🙂
    Je vous souhaite une bonne lecture, si vous avez des questions , n’hésitez pas à les poser
    Philippe

  24. Merci beaucoup pour ces beaux articles très bien écrits et très intéressants!!
    Ne vous arretez pas en si bon chemin, surtout que la cote de popularité de votre site ne peut qu’augmenter avec la diffusion de la série Lie To Me qui, d’ailleurs, me semble plutôt bien faite!

  25. Oui le ninja c’est mieux, la technique du resto reste assez agressive, après en fonction du contexte…..

  26. PS : La technique du resto est pas mal non plus car j’ai remarque que le menteur (ma copine) essai de s’occupée avec autre chose pour évité les regards et la communication du corps certainement.

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