Détection des mensonges Vs Mentalisme

Bonjour à tous et à toutes !

Par l’intermédiaire de ce mini-article j’ai l’honneur de vous présenter mon deuxième livre: Détection des mensonges versus Mentalisme. Après 7 mois de travail acharné ce projet est enfin terminé !

Ce livre a pour objectif d’augmenter toujours plus votre vigilance face aux techniques de manipulations. J’ai décidé de m’attaquer à ce sujet suite à une combinaison d’évènements survenus au début de l’hiver dernier et suite à une discussion dans laquelle je parlais de la technique que j’utilise pour essayer d’anticiper les réactions des gens en effectuant une sorte de check-up de la personne, une sorte de lecture rapide de sa gestuelle que je continue tout au long de l’entretien. Mon ami  qui est voyant, me parla de cette « lecture à froid » mais me révéla qu’il utilisait une technique similaire pour ses séances  et qui se nomme le cold-reading.  Pierre, de son prénom m’a déjà fait une séance il y a une quinzaine d’année où il avait eu un « flash » à mon sujet qui s’était révélé tout à fait exact. A cette époque également (l’hiver dernier), la plupart de mes amies me demandaient sans arrêt si je savais détecter les mensonges comme dans la série le mentaliste. Pas de temps en temps hein, tout le temps. Et le mentaliste il fait ci, il fait ça, et Patrick Jane par-ci et Patrick Jane par-là et gnagnagna et gnagnagna…

N’ayant à l’époque pas encore regardé cette série je n’avais entendu parler du mentalisme que de très loin. Combiné à ce que Pierre allait m’enseigner je n’avais vraiment pas idée du fantastique puzzle qui allait se mettre tout doucement en place devant moi. Pierre, que je remercie vivement pour tout le travail que nous avons effectué ensemble mais surtout pour ce qu’il m’a appris, m’a lancé le défi de rencontrer une amie à lui, voyante/médium. Cette voyante  était très réputée pour ses prédictions qui se réalisaient toujours et il me mis au défi, en utilisant toutes les compétences dont je dispose en détection des mensonges, de lui prouver que tout cela était faux.  Ai-je réussi ?

Ce livre n’est pas un livre pour devenir mentaliste. C’est un domaine plutôt vaste et il faudrait un énorme livre pour en faire le tour.  Par contre je démonte certaine des techniques les plus redoutables qui trop souvent sont utilisées pour tromper les gens et ce notamment dans le domaine de la voyance.

Ce livre n’est pas un livre pour devenir un expert en cold reading, certains auteurs sont spécialisés dans ce domaine. Par contre j’ai mis au point une version beaucoup plus efficace de ma technique de lecture de l’autre,  celle que j’ai utilisé  dans l’article précédemment mentionné avec un exercice pour s’exercer pas à pas. Elle inclut à présent la notion de « communication volontaire » au travers de l’impact visuel que peut produire une personne sur le cerveau de son interlocuteur (d’une manière totalement inconsciente) et fausser ainsi l’idée que l’on se fait d’elle. Cela s’appelle manipuler la pensée de l’autre afin de le tromper sur ses véritables intentions. Vous apprendrez à vous détacher de cet impact visuel, l’image que votre cerveau capte à la fraction de seconde où vous entrez visuellement en contact avec quelqu’un. En corrélant ceci avec d’autres techniques dont je parle dans le livre vous pourrez deviner quelles sont les intentions de votre interlocuteur en une poignée de secondes. Avec de l’entraînement bien sur.

J’aborde également la technique de manipulation que j’appelle la planification ainsi qu’une technique que j’ai découvert par hasard alors que je mettais récemment la pression à quelqu’un et qui permet de faire oublier à la personne qui vous parle ses propres paroles. Ça ne marche pas à tous les coups mais quand les conditions sont réunies ça surprend un brin!

Un petit rappel des bases de la détection des mensonges figure aussi au début de ce nouveau petit livre.

Le livre est disponible.

Voici les différents sites:

Amazon.fr:
http://www.amazon.fr/Detection-mensonges-mentalisme-Philippe-Kaizen/dp/2810622213

J’espère que mon nouveau livre vous plaira et vous permettra d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion mais surtout d’augmenter encore et toujours votre vigilance !

Je vous souhaite une bonne rentrée,

Bien à vous,

Philippe Kaizen.

Réponse à des questions qui me sont souvent posées à propos des réactions limbiques.

Plutôt que de répondre dans les commentaires et afin que tout le monde en profite, on me pose souvent la question de l’origine des réactions limbiques dont je parle mais surtout Joe Navarro dans ses livres. Non pas l’origine du cerveau mais plutôt quelles sont les études qui ont été faites sur la question. Eh bien je n’ai pas trouvé grand chose sur le sujet. J’ai entendu parler il y a plus de dix ans maintenant (en 1998 pour être exact) , de la bouche de mon supérieur de l’époque, officier de police judiciaire, des émotions ressenties par les personnes interrogées et des réactions qu’elles suscitaient. Mon supérieur avait répertorié tous les déplacements dans l’espace suite aux réactions ainsi que les auto-massages (de tous les suspects qu’il avait interrogé). En les comparant aux résultats des différentes enquêtes il avait pu dresser un tableau permettant de déceler un mensonge ou non. Ce qui permettait de mieux aiguiller l’enquête. J’avais moi même à l’époque lu un livre trouvé dans une brocante  sur les réactions physiques dues aux émotions. C’était un livre sur la communication en entreprise mais je n’ai plus hélas la référence. Lorsque j’ai pris connaissance des ouvrages de Joe Navarro, j’ai trouvé que les explications qu’il donnait en liaison avec le cerveau limbique étaient certainement l’explication de ces réactions. Un peu à la manière de l’expression « mettre un visage sur un nom », Mr Navarro a posé une explication sur ces « réactions » dont me parlait il y a plus de dix ans mon supérieur. Explications avec lesquelles je suis d’accord et dont je me sert pour poser une « base scientifique » pour expliquer qu’il est possible de détecter les mensonges. Parce que beaucoup de gens que je croise pensent que cela n’est pas possible et qu’il s’agit de science-fiction.  Je prendrai le temps de chercher plus en profondeur s’il existe des études récentes sur le sujet. En tous cas ces réactions ont toujours existé et ne sont pas nées au moment où est apparu internet, Joe Navarro et Lie to me.

Ajout post-publication: Merci à Mike pour les liens concernant le Docteur Laborit et ses recherches liées au stress et au cerveau limbique. Vous trouverez les liens dans les commentaires de Mike.


Questions concernant l’existence de  formations sur les tells au poker.

Je ne sais pas du tout s’il existe des formations dédiées au poker, en particulier sur les tells. Formation en réel, en tête à tête je veux dire, pas « sur papier ». Si je me trompe n’hésitez pas à faire connaitre cette information.

Est-ce que je vais faire un article sur le poker ?

J’y ai pensé, mais pas dans l’immédiat, je risque également de n’intéresser que des joueurs de pokers. Je sais qu’il y en a qui lisent mon blog mais ils ne représentent qu’une petite majorité de mes lecteurs.

Vais-je faire un article sur les micro-expressions du visage ?

Non je n’ai pas prévu de le faire n’étant pas spécialisé dans ce domaine. Mon champ d’action est la recherche de nouvelles techniques permettant de briser les barrières dressées par les gens capables de maîtriser au maximum leurs émotions. Techniques de mise sous pression, création d’émotions détournées ou parallèles. Je ferai par contre un article la dessus certainement pour illustrer mes dernières recherches.

26 thoughts on “Détection des mensonges Vs Mentalisme

  1. Bonsoir Guillaume,

    Merci pour votre commentaire, pour le regard dont vous me parlez, cela peut être du à la distance mesurée dans le temps quant à la mémorisation des informations.
    Une information lontaine peut nécessiter une recherche plus longue dans sa mémoire. Mais, si l’information a été enregistrée récemment il se peut qu’il n’y ai pas besoin de procéder à un long processus de recherche. Et, il n’est pas rare de chercher à reproduire dans sa tête une image que l’on a eu et comme on ne se souvient plus des détails on re-crée une scène à partir d’éléments pouvant faire l’affaire et donc utiliser son cerveau créateur et donc orienter son regard dans l’autre sens.
    Donc, attention encore, je le répète, l’interprétation des mouvements du regard sont à prendre avec des pincettes si je puis dire.
    Je vous souhaite une bonne soirée,
    Cordialement,
    Philippe

  2. Bonjour,

    Tout d’abord merci pour votre site, qui est tres interessant et enrichissant.

    Je souhaitais vous posez la question suivante. J’ai voulu m’exercer à détecter
    le mensonge par la direction du regard, chez une personne de mon entourage. Le probleme est le suivant, lorsque je lui pose des questions (dont je connais egalement la reponse)
    pour qu’elle fasse appel à sa mémoire, son regard part du coté droit (donc a ma gauche). Or il me semble que, lorsque les yeux se détournent de ce coté cela signifie que la personne fait appel a sa créativité et non pas à sa mémoire. Comment, interpréter cela ?

    PS: petite précision, cette personne est droitiere.

    Je vous remercie par avance, cordialement,

    Guillaume

  3. Il est sorti depuis longtemps déjà !

    Environ 1 ans et demi je crois, car ça fait assez longtemps que je l’ai lu, et je le trouve assez simple mais un peu chiant au bout d’un moment, contrairement à Freud, qui, je trouve, sais parfaitement expliqué et démontré des idées et des expériences sur des notions de bases et de tout les jours.

    Actuellement, je lis la trilogie de Freud :

    – Cinq leçons sur la Psychanalyse
    – Initiation à la Psychanalyse
    – Psychopathologie de la vie quotidienne

    Je vous la conseil vivement, c’est plus psychologie appliqué que langage du non-verbal. 😉

  4. BONJOUR
    le livre de paul ekman je sais que vous mentez est disponible en français editions j’ai lu poche

    cordialement

    mike

  5. Bonjour Charlotte,
    Les émotions étant à la base de la détection des mensonges, tout le monde y réagit d’une manière plus ou prononcée et cela se traduit donc par des réactions du corps. Le cerveau humain étant le même pour tout le monde (enfin j’espère 🙂 ) il est possible de détecter les mensonges que cela soit sur des enfants ou des adultes. Avec toutes les nuances qui peuvent exister, notion de gaucher droitier pour le regard (et encore) maîtrise de l’individu à contrôler ses émotions ou certaines maladies psychologiques etc etc… J’ai comme amis beaucoup de personnes d’origines très différentes et les résultats sont sensiblement les mêmes. Bon je simplifie un peu bien sur mais si cela n’était pas le cas la publicité n’existerait pas et le marketing non plus donc. Pour les enfants j’ai travaillé beaucoup plus avec des adultes que des enfants mais là aussi où émotion il y a, réaction il y a également.
    Bonne journée à vous,
    Cordialement
    Philippe

  6. Bonjour Philippe,

    C’est tout à fait par hasard que je viens de découvrir votre site et je dois bien l’avouer ; il me semble très intéressant et enrichissant !

    C’est en parcourant vos articles qu’une question m’est apparue : ces techniques sont-elle réellement applicables sur n’importe quel individu ?
    Je suis étudiante en marketing et m’intéresse particulièrement à tout ce qui a attrait aux études marketing. De ce fait, découvrir si les gens mentent… s’avère être très utiles pour moi. Plus précisément, lors de mon précédent stage j’ai eu l’occasion d’être en contact avec des enfants et j’ai pu constater qu’il n’était pas toujours évident de réussir à les cerner. J’aurais ainsi voulu savoir si vos dires étaient transposables sur ceux-ci également. Certes dans votre présentation vous indiquez qu’il nous sera possible de découvrir si nos enfants mentent sur leurs notes scolaires… Cela signifie alors que l’ensemble de la population agit de la même manière; que l’on soit jeune, ou moins jeune, selon notre origine…

    En espérant avoir été suffisamment clair,
    Cordialement,
    Charlotte

  7. Bonsoir Mike !
    Merci pour votre compliment 🙂 ainsi que de prendre le temps de répondre aux questions que vous posent les lecteurs.
    Le troisième ? Hum je ne sais pas encore je vais chercher le prochain sujet auquel me confronter.
    Bonne soirée à vous,
    Cordialement
    Philippe

  8. BONJOUR PHILIPPE
    superbe livre un complément ideal au premier livre
    des sujets jamais abordés techniques inédites
    encore bravo à quand le troisième

    cordialement

  9. bonjour florian
    je te felicite pour tes exercices d’observation
    néanmoins en observant encore mieux au début de la
    transcription tout est indiqué y compris le nom de la
    personne qui a effevctué la transcrption ceci dit
    c’est mon oncle d’amérique d’alain resnais
    en ce qui concerne le livre le plus intéressant du pr
    laborit ils sont tous intéressants
    par contre je te conseille le livre d’howard zinn
    histoire populaire des etats unis accroche toi car la
    les mensonges des etats tombent le rideau se léve
    un famaux résumé en anglais sur google
    howard zinn dcd en 2010 PROFESSEUR UNIV ANCIEN
    bombardier lors ww2 LA V2RIT2 EST TOUJOURS BONNE A CONNAITRE

    CORDIALEMENT
    MIKE

  10. J’ai une seconde question pour Philippe, enfin, pour Mike plus particulièrement :

    Pourrais-tu me donner le nom du film que tu as retranscrit et le livre le plus connu, ou le mieux fait de ce Monsieur Henri Laborit ?

    Car j’ai plein de livre à acheter, les vôtres Philippe, celui-là qui à l’air d’être intéressant et d’autres sur Descartes et pleins d’autres. x)

  11. Bonjour Philipe, je lis votre blog depuis maintenant un bon petit bout de temps et j’espere ne pas poster trop tard =P
    Tout d’abord, un seul mot : Bravo !
    J’espère que d’autres articles sortiront prochainement.
    Ensuite j’ai une petite idée sur la détection des mensonges qui pourrait je pense être intéressante et utile.
    Il s’agit des personnes à qui l’on parle au téléphone (on l’entend donc mais ne le voit pas) et des personnes à qui l’on parle via Msn, Facebook ou tout autre site qui ne permet que de voir ce que la personne a dit sans l’entendre ni la voir. Enfin une personne qui nous enverrait une lettre (on peut au moins voir son écriture !). Voilà voilà amusez vous bien je pense que ce n’est pas facile et n’hésitez pas à me demander de l’aide si besoin est.
    Cordialement.
    Quentin.

  12. Me revoilà Philippe !

    J’ai arrêté de vous lire pendant un petit moment, il va falloir que je m’y remette car j’ai un peu délaissé les mensonges, mais je m’y remets avec le livre d’Ekman et votre site !

    Je vais donc prendre les trois derniers sujets, sachant, si ma mémoire est bonne, que je m’étais arrêté à « Détecter une agression. »

    Depuis, j’ai beaucoup observé ! 😉

    Mais maintenant, j’ai une question : Avez-vous regardez l’interview de DSK sur TF1 ? J’ai vu pas mal de choses, mais je n’ai su en décrypter seulement 1/6… Pourriez-vous m’éclairé ?

  13. Super!!!!! Hâte de le lire.
    En effet mentalisme vaste sujet.
    Mais de ce qui m’intéresse plus précisément, est aussi dans l’attitude générale. Connaitre la manipulation et une force majeure pour la pratiquer (pas forcément à mal, bien entendu) et pour la démasquer, contourner avec tact et intelligence.
    Sujet passionnant qui ne cessera d’exister……

    Merci à vous.

  14. Bonjour Mike,
    Oui tout est détaillé, afin de comprendre justement ces manipulations qui peuvent vraiment aller très loin.
    Bonne journée à vous,
    Cordialement
    Philippe

  15. Bonjour Mike,
    Non, en fait la voyante n’était pas au courant, et j’ai même eu du mal à trouver le fin mot de l’histoire car j’ai eu droit à un « flash » assez époustouflant 🙂
    Bonne journée à vous
    Cordialement,
    Philippe

  16. BONJOUR PHILIPPE
    Je pense que vous avez réussi a démystifier la voyante
    pas habituée a se trouver en façe d’un expert en détection
    de mensonges elle a du interrompre l’experience en
    prétextant des mauvaises ondes ou qq chose du meme
    genre

    cordialement

  17. Bonsoir Cardfly et merci pour vos compliments,
    Bonne lecture à vous,
    Cordialement
    Philippe

  18. C’est avec un grand plaisir que je vous remercie pour vos articles de qualités. Bonne continuation.

  19. Bonjour Mike,
    Merci pour la retranscription du film, je le laisse tel quel dans le commentaire. Je vais étudier tout cela d’ici ce weekend avec un de ses livres 🙂
    Merci encore et bonne soirée à vous,
    Cordialement
    Philippe

  20. bonjour philippe
    voici le fichier txt
    Mon oncle d’amérique

    François Brooks a eu la bonne idée de retranscrire le texte du film de Henri Laborit (1980 dans le film d’Alain Resnais)

    La seule raison d’être d’un être, c’est d’être. C’est-à-dire, de maintenir sa structure. C’est de se maintenir en vie. Sans cela, il n’y aurait pas d’être.

    (…)

    Remarquez que les plantes peuvent se maintenir en vie sans se déplacer.

    Elles puisent leur nourriture directement dans le sol, à l’endroit où elles se trouvent. Et grâce à l’énergie du soleil, elles transforment cette matière inanimée qui est dans le sol en leur propre matière vivante.

    (…)

    Les animaux, eux, donc l’homme qui est un animal, ne peuvent se maintenir en vie qu’en consommant cette énergie solaire qui a donc déjà été transformée par les plantes. Et ça, ça exige de se déplacer. Ils sont forcés d’agir à l’ intérieur d’un espace.

    (…)

    Pour se déplacer dans un espace, il faut un système nerveux. Et ce système nerveux va agir, va permettre d’agir, sur l’environnement et dans l’ environnement. Et toujours pour la même raison : pour assurer la survie.

    Si l’action est efficace, il va en résulter une sensation de plaisir.

    (…)

    Ainsi, une pulsion pousse les êtres vivants à maintenir leur équilibre biologique, leur structure vivante, à se maintenir en vie. Et cette pulsion va s’exprimer dans quatre comportements de base :

    1) Un comportement de consommation. C’est le plus simple, le plus banal. Il assouvit un besoin fondamental : boire, manger, copuler.

    2) Un comportement de fuite

    3) Un comportement de lutte

    4) Un comportement d’inhibition

    (…)

    Un cerveau ça ne sert pas à penser, mais ça sert à agir.

    ____________________________________

    Professeur Henri Laborit.

    Né le 21 novembre 1914 à Hanoi, Indochine.

    Père : médecin des troupes coloniales.

    Lycée Carnot à Paris.

    École principale du service de santé de la marine et faculté des médecines de Bordeaux.

    Docteur en médecine, interne des hôpitaux, chirurgien des hôpitaux, maître de recherche du service de santé des armées.

    Introduit en thérapeutique l’hibernation artificielle, la chlorpromazine, le premier tranquillisant, ainsi que d’autres drogues à action psychotrope.

    Travaux sur la réaction de l’organisme aux agressions qui ont apporté des solutions nouvelles à l’anesthésie et à la réanimation.

    Dirige, à Paris, les laboratoires d’eutonologie.

    Auteur de nombreux ouvrages sur la biologie du comportement.

    Marié, 5 enfants.

    Prix Albert Lasker de l’American Health Association.

    Sport : équitation, voile.

    Légion d’Honneur

    Croix de Guerre 1939-45

    Palmes Académiques.

    Il faut ajouter aussi qu’il est d’origine vendéenne. La Vendée est ce pays auquel on a imposé la liberté l’égalité et la fraternité, la fraternité surtout, en y faisant 500,000 morts. Il est cependant abonné au gaz et à l’ électricité de France, ce qui montre ses sentiments nationalistes, et d’ autre part il est parfaitement adapté à une socioculture dont il a largement profité.

    > [10 min.]

    ____________________________________

    L’évolution, l’évolution des espèces, est conservatrice. Et dans le cerveau des animaux on trouve des formes très primitives.

    Un premier cerveau que Paul Maclean a appelé le cerveau reptilien. C’est celui des reptiles, en effet, et qui déclenche des comportements de survie immédiate sans quoi l’animal ne pourrait pas survivre. Boire, manger, ce qui lui permet de maintenir sa structure, et copuler, ce qui lui permet de se reproduire.
    Et puis, dès qu’on arrive aux mammifères, un second cerveau s’ajoute au premier. Et d’habitude on dit, avec Maclean encore, que c’est le cerveau de l’affectivité. Je préfère dire que c’est le cerveau de la mémoire. Sans mémoire de ce qui est agréable, de ce qui est désagréable,il n’est pas question d’être heureux, triste, angoissé ; il n’est pas question d’être en colère ou d’être amoureux. On pourrait presque dire qu’un être vivant est une mémoire qui agit.
    Et puis un troisième cerveau s’ajoute aux deux premiers. On l’appelle le cortex cérébral. Chez l’homme, il a pris un développement considérable. On l’appelle un cortex associatif. Ce que ça veut dire? Ça veut dire qu’il associe. Il associe les voies nerveuses sous-jacentes et qui ont gardé la trace des expériences passées ; il les associe d’une façon différente de celles où elles ont été impressionnées par l’environnement au moment même de l’expérience. C’est-à-dire qu’il va pouvoir créer, réaliser un processus imaginaire.
    Dans le cerveau de l’homme, ces trois cerveaux superposés existent toujours. Nos pulsions sont toujours celles très primitives du cerveau reptilien.

    [14 min.]

    (…)

    Ces trois étages du cerveau devront fonctionner ensemble. Et, pour ce faire, ils vont être reliés par des faisceaux. L’un, on peut l’appeler le faisceau de la récompense, l’autre, on peut l’appeler celui de la punition. C’est lui qui va déboucher sur la fuite et la lutte. Un autre encore est celui qui va aboutir à l’inhibition de l’action. Par exemple, la caresse d’une mère à son enfant, la décoration qui va flatter le narcissisme d’un guerrier, les applaudissements qui vont accompagner la tirade d’un acteur, et bien tout cela libère des substances chimiques dans le faisceau de la récompense et aboutira au plaisir de celui qui en est l’objet.

    [18 min.]

    (…)

    J’ai parlé de la mémoire. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que, au début de l’existence, le cerveau est encore, disons, immature. Donc, dans les deux ou trois premières années de la vie d’un homme, l’expérience qu’il aura du milieu qui l’entoure sera indélébile et constituera quelque chose de considérable pour l’évolution de son comportement dans toute son existence.

    Et finalement, nous devons nous rendre compte que ce qui pénètre dans notre système nerveux depuis la naissance, et peut-être avant in utero, les stimulus qui vont pénétrer dans notre système nerveux nous viennent essentiellement des autres. Nous ne sommes que les autres. Quand nous mourons, c’est les autres que nous avons intériorisés dans notre système nerveux, qui nous ont construits, qui ont construit notre cerveau, qui l’ont rempli, qui vont mourir.

    [21 min.]

    (…)

    Ainsi nos trois cerveaux sont là. Les deux premiers fonctionnent de façon inconsciente. Nous ne savons pas ce qu’ils nous font faire : pulsions, automatismes culturels. Et le troisième nous fournit un langage explicatif qui donne toujours une excuse, un alibi, au fonctionnement inconscient des deux premiers. Je crois qu’il faut se représenter l’inconscient comme une mer profonde et ce que nous appelons le conscient, comme l’écume qui naît, qui disparaît, renaît à la crête des vagues. C’est la partie très très superficielle de cet océan qui est écorché par le vent.

    [25 min.]

    (…)

    On peut donc distinguer quatre types principaux de comportement :

    1) Comportement de consommation, qui assouvit les besoins fondamentaux.

    2) Comportement de gratification. Quand on a l’expérience d’une action qui aboutit au plaisir, on essaie de la renouveler.

    3) Comportement qui répond à la punition ; soit par la fuite qui l’évite ; soit par la lutte qui détruit le sujet de l’agression.

    4) Comportement d’inhibition : on ne bouge plus, on attend en tension. Et on débouche sur l’angoisse. L’angoisse c’est l’impossibilité de dominer une situation.

    [30 min.]

    (…)

    [1h11 min.]

    On prend un rat et on le met dans une cage à deux compartiments, c’est-à-dire, dont l’espace est séparé par une cloison dans laquelle se trouve une porte. Le plancher est électrifié intermittemment. Avant que le courant électrique passe dans le grillage du plancher, un signal prévient l’animal qui se trouve dans la cage que, quatre secondes après, le courant vapasser.

    Mais il ne sait pas au départ. Il s’en aperçoit vite. Au début, il est inquiet et très rapidement il s’aperçoit qu’il y a une porte ouverte et il passe dans la pièce d’à côté. La même chose va se reproduire quelques secondes après. Mais il apprendra aussi très vite qu’il peut éviter la «punition» du petit choc électrique dans les pattes en passant dans le compartiment de la cage où il était au début. Cet animal, qui subit cette expérience pendant une dizaine de minutes par jours pendant sept jours consécutifs, au bout de ces sept jours, va être en parfait état, en parfaite santé : son poil est lisse, il ne fait pas d’hypertension artérielle ; il
    a évité, par la fuite, la «punition» ; il s’est fait plaisir ; il a maintenu son équilibre biologique.

    (…)

    Mais ce qui est facile pour un rat en cage est beaucoup plus difficile pour un homme en société. En particulier, certains besoins ont été créés par cette vie en société et cela depuis son enfance. Et il est rare qu’il puisse, pour assouvir ses besoins, aboutir à la lutte lorsque la fuite n’est pas efficace.

    (…)

    Quand deux individus ont des projets différents ou le même projet et qu’ils entrent en compétition pour la réalisation de ce projet, il y a un gagnant, un perdant. Il y a établissement d’une dominance de l’un des individus par rapport à l’autre. La recherche de la dominance dans un espace qu’on peut appeler le territoire est la base fondamentale de tous les comportements humains, et ceci, en pleine inconscience des motivations.

    (…)

    Il n’y a donc pas d’instinct de propriété ; il n’y a donc pas non plus d’ instinct de dominance. Il y a simplement l’apprentissage, par le système nerveux d’un individu, de la nécessité pour lui de conserver à sa disposition un objet ou un être qui est aussi désiré, envié, par un autre être. Et il sait, par apprentissage, que, dans cette compétition, s’il veut garder l’objet ou l’être à sa disposition, il devra dominer.

    (…)

    Nous avons dit déjà que nous n’étions que les autres. Un enfant sauvage abandonné loin des autres ne deviendra jamais un homme. Il ne saura jamais marcher ni parler. Il se conduira comme un petit animal. Grâce au langage, les hommes ont pu transmettre de générations en générations toute l’ expérience qui s’est faite au cours des millénaires du monde. Il ne peut plus maintenant, et déjà depuis longtemps, assurer à lui seul sa survie.

    Il a besoin des autres pour vivre. Il ne sait pas tout faire ; il n’est pas polytechnicien.

    Dès le plus jeune âge, la survie du groupe est liée à l’apprentissage chez le petit de l’homme de ce qui est nécessaire pour vivre heureux ensociété.

    On lui apprend à ne pas faire caca dans sa culotte, à faire pipi dans son pot. Et puis, très rapidement, on lui apprend comment il doit se comporter pour que la cohésion du groupe puisse exister. On lui apprend ce qui est beau, ce qui est bien ; ce qui est mal, ce qui est laid ; on lui dit ce qu’ il doit faire et on le punit ou on le récompense, quel que soit sa propre recherche du plaisir, on le punit ou on le récompense suivant que son action est conforme à la survie du groupe.

    [1h21 min.]

    (…)

    Le fonctionnement de notre système nerveux commence à peine à être compris.

    Il y a une vingtaine ou une trentaine d’années que nous sommes capables de comprendre comment, à partir des molécules chimiques qui le constituent, qui en forment la base, s’établissent les voies nerveuses qui vont être codées, imprégnées par l’apprentissage culturel. Et tout cela dans un mécanisme inconscient. C’est-à-dire que nos pulsions et nos automatismes culturels seront masqués par un langage, par un discours logique.

    [1h24 min.]

    (…)

    Le langage ne contribue ainsi qu’à cacher la cause des dominances, les mécanismes d’établissement de ces dominances et à faire croire à un individu qu’en oeuvrant pour l’ensemble social, il réalise son propre plaisir alors qu’il ne fait, en général, que maintenir des situations hiérarchiques qui se cachent sous des alibis langagiers, des alibis fournis par le langage, qui lui servent en quelque sorte d’excuses.

    [1h26 min.]

    (…)

    […de retour à l’expérience du rat dans la cage à deux compartiments…]

    Dans cette seconde situation, la porte de communication entre les deux compartiments est fermée. Le rat ne peut pas fuir. Il va donc être soumis à la punition à laquelle il ne peut pas échapper. Cette punition va provoquer chez lui un comportement d’inhibition. Il apprend que toute action est inefficace, qu’il ne peut ni fuir ni lutter. Il s’inhibe. Et cette inhibition qui s’accompagne chez l’homme de ce que l’on appelle l’angoisse, s’accompagne aussi dans son organisme de perturbations biologiques extrêmement profondes. Si bien que si un microbe passe dans les environs, s’il en porte même sur lui-même, alors que normalement, il aurait pu les faire disparaître, là, ne le pouvant pas, il fera une infection. S’il a une cellule cancéreuse qu’il aurait détruite, il va faire une évolution cancéreuse. Et puis ces troubles biologiques aboutissent à tout ce qu’on appelle les maladies de «civilisation» ou psychosomatiques. Les ulcères de l’estomac, les hypertensions artérielles, ils aboutissent à l’insomnie, à la fatigue, au mal-être.

    Dans cette troisième situation, le rat ne peut pas fuir. Il va donc recevoir toutes les «punitions» mais il sera en face d’un autre rat qui lui servira d ’adversaire. Et, dans ce cas, il va lutter. Cette lutte est absolument inefficace. Elle ne lui permet pas d’éviter la «punition». Mais il agit.

    Un système nerveux ça ne sert qu’à agir. Ce rat ne fera aucun accident pathologique de ceux que nous avions rencontrés dans le cas précédent. Il va être en très bon état et pourtant, il aura subi toutes les «punitions».

    Or, chez l’homme, les lois sociales interdisent généralement cette violence défensive. L’ouvrier qui voit tous les jours son chef de chantier dont la tête ne lui revient pas. Il ne peut pas lui casser la figure parce qu’on lui enverrait les agents ; il ne peut pas fuir parce qu’il serait au chômage.

    Et tous les jours de la semaine, toutes les semaines du mois, tous les mois de l’année, toutes les années, quelquefois, qui se succèdent, il est en inhibition de l’action.

    L’homme a plusieurs façons de lutter contre cette inhibition de l’action.

    Il peut le faire par l’agressivité. L’agressivité n’est jamais gratuite. Elle est toujours en réponse à une inhibition de l’action. On débouche sur une explosion agressive qui est rarement rentable mais qui, sur le plan du fonctionnement du système nerveux, est parfaitement explicable.

    [1h32 min.]

    (…)

    Ainsi, répétons-le, cette situation dans laquelle un individu peut se trouver d’inhibition dans son action, si elle se prolonge, commande à toute la pathologie. Les perturbations biologiques qui l’accompagnent vont déchaîner aussi bien l’apparition de maladies infectieuses que tous les comportements de ce qu’on appelle les maladies mentales. Quand son agressivité ne peut plus s’exprimer sur les autres, elle peut encore s’ exprimer sur lui-même de deux façons. Il somatisera. C’est-à-dire qu’il dirigera son agressivité sur son estomac ; il y fera un trou, un ulcère d’ estomac. Sur son coeur et ses vaisseaux il fera une hypertension artérielle. Quelquefois même des lésions aiguës qui aboutissent aux maladies cardiaques brutales : les infarctus, les hémorragies cérébrales ; ou les urticaires ou les crises d’asthme. Il pourra aussi orienter son agressivité contre lui-même d’une façon encore plus efficace : il peut se suicider. Et quand on ne peut pas être agressif envers les autres, on peut, par le suicide, être agressif encore par rapport à soi.

    [1h34 min.]

    (…)

    — C’est comme la plupart des gens qui passent leur vie à attendre le bonheur comme on attend un héritage, quelque chose qui vous est du

    [1h44 min.]

    (…)

    [2h02 min.]

    L’inconscient constitue un instrument redoutable non pas tellement par son contenu refoulé, refoulé parce que trop douloureux à exprimer, car il serait «puni» par la socioculture, mais, par tout ce qui est, au contraire, autorisé et quelquefois même «récompensé» par cette socioculture et qui a été placé dans son cerveau depuis sa naissance. Il n’a pas conscience que c’ est là, mais pourtant c’est ce qui guide ses actes. C’est cet inconscient-là qui n’est pas l’inconscient freudien qui est le plus dangereux. En effet, ce qu’on appelle la personnalité d’un homme, d’un individu, se bâtit sur un bric-à-brac de jugement de valeurs, de préjugés, de lieux communs qu’il traîne et qui, à mesure que son âge avance, deviennent de plus en plus rigide et qui sont de moins en moins remis en question. Et quand une seule pierre de cet édifice est enlevée tout l’édifice s’écroule. Et il découvre l’angoisse. Et cette angoisse ne reculera ni devant le meurtre pour l’ individu, ni devant le génocide ou la guerre pour les groupes sociaux pour s’exprimer.

    On commence à comprendre par quel mécanisme, pourquoi et comment, à travers l’histoire et dans le présent se sont établi des échelles hiérarchiques de dominance. Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu’on se libère de la gravitation. Ça veut dire qu’on les utilise pour faire autre chose. Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent, tant qu’on ne leur aura pas dit que, jusqu’ici, ça a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chances qu’il y ait quelque chose qui change.

    [2h04 min.]

  21. Merci Philippe et Mike pour vos réponses
    Ce livre sera bientôt mien.
    Bonne continuation
    Xavier

  22. Bonjour Mike,
    Merci pour les connaissances que vous avez partagé, je ne connaissais pas ce docteur Laborit. Je vais essayer de trouver plus d’informations sur les recherches qu’il a effectué sur le stress.
    Merci encore et bonne journée à vous,
    Cordialement,
    Philippe

  23. BONSOIR PHILIPPE
    COCORICO Le réflexe limbique a été étudié par le professeur laborit ex médecin militaire psychiatre
    et découvreur de le chlorpromazine premier médicament
    (camisole chimique) qui a permis a des dizaines de milliers de personnes de plus etre enchainées en psychiatrie il cite qu’il visisait les patients a toulon
    avec 2 S/OFF armés ou ils étaient enchainés dans un cachot ses recherches ont fait l’objet d’un film mmon
    oncle d’amérique et il a écrit des dizaines d’ouvrages
    sur divers sujets
    félicitations pour votre dernier ouvrage dont le contenu parait alléchant

    cordialement

    mike

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