Mensonges Vs Allusions
Jeudi, 1. juillet 2010 20:00
Bonjour à tous et à toutes, me revoici dans ce nouvel article qui traitera aujourd’hui de l’approfondissement de la notion d’allusion. C’est donc une technique supplémentaire pour lutter contre les mensonges dont nous avons brièvement parlé dans l’article “Tactiques et stratégies anti-mensonges”.
Le but de l’allusion est de pouvoir recueillir des renseignements d’une manière discrète, afin de disposer d’ une bonne base d’éléments et de passer éventuellement à la vitesse supérieure. On peut dire de cette technique qu’elle permet de détecter les mensonges sans que votre interlocuteur s’en aperçoive.
Les allusions peuvent se faire selon plusieurs niveaux de discrétion dont nous allons parler avec des exemples bien précis. Peu importe l’exemple, vous pourrez l’adapter avec la situation de votre choix ou dans laquelle vous vous trouvez.
Prenons l’exemple de madame Y dont le jeune fils s’est mis à fumer.
Allusion généralisée.
L’allusion généralisée est l’art de parler du sujet sensible sans impliquer qui que ce soit. La personne qui est coupable, lorsqu’elle va entendre cette allusion va automatiquement la reporter sur elle, du moins pendant un moment le temps de la surprise. Vous connaissez tous à présent la chanson, qui dit surprise, dit réaction limbique, et qui dit réaction limbique dit réactions physiques (pour celles et ceux qui me lisent pour la première fois il ne s’agit pas des paroles d’une chanson!). Réactions spatiales du corps, réactions au niveau des gestes, des yeux, puis les paroles. Une fois l’effet de surprise passé, en fonction de la gravité du problème, et si vous insistez sur ce sujet , votre interlocuteur passera en mode post-limbique et sera dans un état de stress qui générera de nouvelles réactions.
Tout le contraire de la personne qui n’a rien à se reprocher et qui au contraire serait peut être même ravie de parler du sujet avec vous. Cette personne là ne présentera pas de signes de stress.
Exemple d’une allusion généralisée: “Tiens, l’autre jour à la télé j’ai entendu parler d’une chose qui m’a fait halluciner, j’ai vu un sondage qui disait que X % de jeunes commençaient à fumer à 15 ans. Tu te rends compte ? C’est quand même incroyable non ?”.
Bien sur si d’habitude vous ne parlez pas avec votre fils de ce genre de problèmes / sujets de discussion et que tout d’un coup vous vous mettez à lui en parler , cela lui mettra peut être la puce à l’oreille. Donc dans ce cas là, attendez par exemple de saisir une opportunité au vol comme apercevoir des jeunes qui fument pour aborder l’allusion avec votre fils. Une fois que vous avez terminé votre question il ne vous reste plus qu’à observer attentivement ce qui se passe et utiliser les techniques que vous connaissez bien à présent !
Allusion généralisée version « attention cible en vue ».
Cette technique est très proche de la précédente à part qu’elle met un peu plus de pression car elle se rapproche un peu plus de sa cible. En reprenant toujours le même exemple, vous pourriez dire à votre fils: « Tiens, au fait tu ne vas pas me croire, hier en revenant du travail j’ai vu Untel (une connaissance de votre fils, l’idéal étant bien sur que cela soit vrai mais vous pouvez très bien l’inventer) qui fumait avec des copains à lui ! Incroyable ! Tu le savais ? « .
Alors bien entendu, puisque vous connaissez les techniques de détection des mensonges vous pouvez très bien les utiliser pour mentir ! A la guerre comme à la guerre comme on dit… Vous pouvez étoffer vos phrases avec des détails, avec des émotions, des pensées provenant d’autres personnes imaginaires pour donner du poids à votre question-mensonge ! Vous n’allez pas vous faire questionner puisque c’est vous qui posez les questions dans ce cas là ! Vous pourriez ajouter par exemple: « tu imagines sa mère si elle le savait ? elle serait dans une colère noire », mais également: « tu te rends compte, il a TON âge » ou bien mettez plus de pression en disant: « je serais dans une colère noire si c’était toi que je voyais fumer, je préfère même pas imaginer ».
Le « TON » porte une pression supplémentaire par rapport à par exemple « il est jeune », car s’il est bien effectivement « coupable » de fumer ou pour n’importe quel autre exemple en fait, il va se sentir encore plus sous pression. Le « je serais dans une colère… » alourdit encore plus la pression et si vous n’avez pas encore remarqué des réactions limbiques ou s’il n’a pas déjà tenté de fuir cette pression en changeant de sujet, eh bien c’est qu’il y a un brouillard tellement dense dans à l’endroit où vous vous trouvez que vous ne voyez plus rien ! Ou alors il ne fume pas.
Allusion directe mais allusion quand même.
Technique d’allusion plutôt efficace que celle qui va suivre. Pour prendre conscience de la portée de ce missile je vais vous demander de vous mettre à la place du menteur cette fois-ci si vous le voulez bien , imaginez, vous avez une aventure avec une autre femme (ou un autre homme je vous laisse vous adapter ) (peu importe pourquoi, les raisons, où, de par vers vous même, à fortiori en l’occurrence, bref ce n’est pas le sujet ) mais vous trompez votre femme. Vous rentrez tard le soir, rien à signaler, puis, le lendemain matin au petit déjeuner, toujours rien à signaler (quel suspense). Vient alors le moment ou vous mangez votre tartine et là, toujours rien à signaler. A la dernière gorgée de votre délicieux café que vous savourez, AU MOMENT où la dernière goutte glisse doucement le long de votre palais, votre femme (la véritable donc) vous balance « Oh la la, cette nuit j’ai fais un cauchemar j’ai rêvé que tu avais couché avec une autre femme… ».
Alors ça vous fait quoi cette allusion ? Si votre cerveau n’a pas de réactions limbique….je veux bien faire le tour du monde en moonwalk…
C’est une allusion, qui vise directement sa cible certes, mais qui n’est censée être qu’un cauchemar donc cela reste une allusion, mais qui permet tout de même de voir les gouttes de sueur perler sur son front et le mettre sous une forte pression. Maintenant que vous avez verrouillé votre cible, ne la lâchez plus et envoyez d’autres salves pour maintenir la pression et le/la faire craquer, toujours en utilisant votre panel de techniques de détection des mensonges.
Attaque directe mais délocalisée.
Cette technique n’est pas vraiment une allusion en fait, mais plutôt une attaque directe dont vous allez modifier la source et presque donner l’impression à votre interlocuteur que ce n’est pas de votre faute si vous l’attaquez.
C’est très simple, analysons ensemble l’exemple de votre fils/fille qui s’est mis(e) à fumer. Après l’avoir mis dans une situation confortable vous pouvez lui dire: « je ne suis pas content(e) du tout ! Je viens de voir la voisine (ma soeur, mon frère, quelqu’un qui n’est pas loin de chez vous). » Faites alors une petite pause et si possible attendez que votre fils/fille vous regarde dans les yeux et lancez lui: « elle m’a dit qu’elle t’avait vu fumer avec des copains. ». Dans cette situation, et si possible, essayez de dire cette phrase en étant le plus calme possible. Le calme a un effet plus dévastateur qu’une réaction qui s’emporte. Psychologiquement, une personne calme donne l’impression de maîtriser la situation et de véhiculer une lucidité qui ne laisse aucune chance à sa cible. Contrairement à l’effet d’emportement qui, le temps que vous repreniez vos esprits, peut donner du temps de réflexion à votre interlocuteur pour mieux essayer de vous mentir. (Voilà pour la parenthèse mentale).
Donc, avec cette technique, vous transposez la mise à la lumière de la vérité sur une autre personne et cela vous permet dans la foulée d’alléger votre implication. Vous pouvez ainsi mettre une subtile couche par dessus par des phrases du type: « tu sais c’est pas grave, moi aussi il m’est arrivé de fumer alors que j’avais ton âge, etc etc… ou on ne va pas en faire un drame…tous les jeunes fument de toute façon (vous vous résignez) « .
Ce type de phrase là n’a pas d’autres objectifs dans la vie que de faire craquer votre interlocuteur s’il oppose une certaine résistance à dire la vérité (même si vous l’avez bien détecté) . Vous l’avez bien compris il s’agit de faire semblant, à la guerre comme à la guerre…
Toutes ces techniques doivent avoir comme base la surprise pour être les plus efficaces possibles afin de générer chez votre interlocuteur un maximum de réactions. Donc, préparez bien le terrain, mettez votre interlocuteur dans une situation de détente puis attaquez à ce moment là. Je pense faire un article sur la préparation du terrain justement pour tendre votre toile invisible autour de votre cible avant de l’attaquer. Quand je parlais de la dernière goutte de café qui descend le long du palais je plaisantais à peine, il y a des timings qui si ils sont bien choisis, vous permettent de faire des dégâts avec vos questions, et en plus il suffit d’observer les habitudes de votre interlocuteur. Mais bon cela sera l’objet de mon prochain article si vous acceptez cette mission !.
Je vous souhaite un bon entrainement à la détection des mensonges, bonne vacances à celles et ceux qui partent, en vacances justement, et à bientôt pour le prochain article.
Philippe
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